Introduction Écrit 2 CAPEPS L3

EliteCAPEPS · Ressources rédigées

Introduction Écrit 2 CAPEPS L3

Découvre deux introductions entièrement rédigées pour préparer la deuxième épreuve d’admissibilité du CAPEPS externe Bac+3. Des exemples pour apprendre à articuler les notions et construire un problème professionnel en EPS.

Écrit 2 CAPEPS L3 Introduction : Les conditions de l’apprentissage moteur

Au lycée, les élèves disposent de deux heures hebdomadaires d’EPS. Dans ce temps contraint, l’enjeu dépasse l’optimisation de l’engagement moteur (Petit et Saury, 2021) : il s’agit de créer des conditions favorables aux apprentissages moteurs. « Enseigner, c’est créer des conditions externes (matérielles, informationnelles, relationnelles) dans le but de permettre aux élèves de s’engager dans un processus interne et individuel à partir duquel ils construiront de nouvelles compétences » (Rapport du jury de l’agrégation externe EPS, 2001, p. 23). Ainsi, enseigner consiste à organiser les conditions externes de l’apprentissage moteur (tâches, matériel, consignes, feedbacks, interactions) pour engager chaque élève dans un processus individuel. La finalité de ces conditions se précise avec Durand (1987) : apprendre, c’est « élaborer et réaliser une réponse efficace et économique pour atteindre un objectif précis ». Il s’agit donc de favoriser des transformations durables des possibilités d’action, au-delà d’une réussite ponctuelle.

Toutefois, les théories de l’apprentissage moteur reposent sur des conceptions différentes de l’élève et de la manière dont il apprend. Elles conduisent l’enseignant à privilégier différentes conditions externes selon les transformations recherchées. Certaines valorisent le traitement des informations et les feedbacks ; d’autres, les expériences vécues et les interactions avec l’environnement. Bien que les conditions demeurent externes, certaines approches, notamment énactives, cherchent à les rapprocher de la dimension vécue de l’activité de l’élève. Par une posture d’enquête, l’enseignant tente d’accéder à ses perceptions, préoccupations et significations pour repenser et ajuster les conditions proposées. En ce sens, les conditions externes et l’activité de l’enseignant peuvent se rapprocher de l’expérience vécue par l’élève, sans se confondre avec elle.

Dès lors, une même condition peut susciter des activités différentes et ne pas produire les mêmes apprentissages. L’enjeu est d’articuler les conditions aménagées à l’expérience singulière des élèves pour favoriser les transformations motrices de chacun.

Écrit 2 CAPEPS L3 Introduction : Relations à l’environnement comme élément du bien-être

« Nous sommes de plus en plus riches d’épisodes d’action, mais de plus en plus pauvres en expériences vécues » (Rosa, 2012, cité par Delignières, 2026). Ce constat interroge une EPS parfois marquée par la multiplication d’expériences fugaces et la recherche du plaisir immédiat. L’enjeu serait alors moins de multiplier les environnements plaisants que de permettre aux élèves de construire une relation plus profonde avec ceux-ci, susceptible de nourrir un bien-être dépassant la satisfaction de l’instant.

Approfondir l’expérience suppose que la relation au milieu évolue. Dans une perspective énactive (Varela, 1989), l’élève construit, dans son activité, les significations et possibilités d’action qu’il reconnaît dans l’environnement. Celui-ci n’est donc pas seulement un cadre favorable ou défavorable. C’est la relation entretenue avec lui qui devient elle-même objet d’apprentissage . Pour Gottsmann et Terré (2022), apprendre à s’y situer, à l’adopter et à se faire adopter par lui permet de passer d’obstacles auxquels résister à des ressources avec lesquelles coopérer . Cette appropriation, y compris d’expériences inconfortables, peut nourrir un bien-être qui associe plaisir hédonique et épanouissement eudémonique, à travers les émotions, les relations, l’engagement, le sens et l’accomplissement (Shankland et Bressoud, 2021).

Mais cette relation dépasse le milieu matériel ou naturel. Elle concerne aussi l’environnement social et motivationnel : un climat de maîtrise valorisant les progrès (Ames, 1984) peut soutenir l’autonomie et le sentiment de compétence. Des relations vécues comme soutenantes ou jugeantes peuvent renforcer ou fragiliser l’appartenance et le bien-être psychologique (Deci et Ryan, 2002). Ainsi, un environnement aménagé pour favoriser le bien-être physique, psychologique et social ne garantit pas que tous les élèves le vivent comme tel.

Dès lors, l’enjeu pour l’enseignant est de conjuguer environnements favorables et transformation des relations singulières que les élèves y construisent, pour qu’elles deviennent des ressources de bien-être.